Séminaire « Réactiver le pouvoir créatif des langues en rappant »

Le délégué de Linguapax pour l’Europe basé à Newcastle (UK), Josep Cru, partenaire du projet Européen CRIC sur « les récits culturels de la crise et du renouveau » participe à un séminaire organisé à l’Université de Playa Ancha au Chili.

Voici une reproduction de l’article posté sur le web de l’UPLA:

(Texte en Mapudungun)

La musique comme véhicule pour revitaliser les langues ancestrales

« Ecoute notre conversation. On te dit n’aie pas honte. Reveille ton coeur. Parle mapudungun! « dit la chanson qu’on entend en musique de fond à notre arrivée au séminaire « Réactiver le pouvoir créatif des langues en rappant » organisé à l’Université de Playa Ancha.

On ne comprend pas les paroles de la chanson car au Chili les langues ancestrales ne sont pas inscrites au programme scolaire. Pourtant, c’est là qu’avec leur musique les jeunes ont fait resurgir ces langues.

L’activité a été programmée dans le cadre du projet européen intitulé « Récits culturels de la crise et du renouveau » (CRIC), financé par l’Union Européenne, auquel participe l’UPLA par l’intermédiaire du Doyen de la Faculté des Sciences Sociales, le Dr. Felip Gascón i Martin et de la chercheuse du Centre d’Études Avancées, la Dr. María Angélica Oliva, qui font partie de l’équipe chilienne avec l’Université de la Frontera, et l’Université Australe.

“Il s’agit d’une initiative de recherche et d’internationalisation sur les récits culturels du renouveau et de la crise. Il y a 4 université européennes et 6 université latino-américaines, avec un total de 40 chercheurs. Depuis 2016 et pendant 4 ans nous allons former un grand réseau global de recherche », a expliqué la Dr. Oliva.

Pendant le séminaire, l’expert en diversité linguistique de l’Université de Newcastle, avec una longue trajectoire professionnelle en Europe et Amérique Latine, le Dr. Josep Cru Talaveron, est intervenu sur le “Rap bilingue: usages stratégiques pour la revitalisation des langues d’origine ».


Rap et hip-hop

Dans sa conférence, le Dr. Cru a présenté la situation des langues indigènes en Amérique Latine et l’aménagement et la planification linguistiques dans plusieurs pays.

Il a offert une vision panoramique des langues parlées au Chili puis a approfondi sur la manière dont les jeunes s’approprient les langues indigènes. « Nombre d’entre-eux ne parlaient pas la langue d’origine car leurs parents ne leur ont pas transmise, par honte ou par mépris », a expliqué le chercheur de Newcastle.

Selon lui, « grâce à la musique ces langues sont en train de resurgir, par exemple, par l’intermédiaire du hip-hop ou du rap, car elles permettent de s’approprier une identité ethnique. Les jeunes commencent alors à utiliser ces langues comme un instrument artistique et de revitalisation.

Il a insisté sur le fait qu’il faut accorder plus d’importance au rôle des personnes en tant qu’agents de la politique linguistique. « Les politiques institutionnelles échouent souvent. Même s’il y a une politique d’éducation interculturelle bilingue dans la plupart des pays d’Amérique Latine, y compris au Chili, toutes ces politiques institutionnelles sont symboliques, elles n’incitent pas les jeunes à utiliser leurs langues ancestrales. »

C’est à travers la musique, et de manière ludique et artistique que les jeunes revitalisent et revalorisent les langues ancestrales, “pas par ce qui vient d’en haut, du gouvernement, mais par ce qui vient de la base, des gens », a-t’il conclu.

La réflexion s’est poursuivie dans une séance sous forme d’atelier.

 

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