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Moderateur:
Marc Leprêtre
1. A propos
de politique linguistique
La politique linguistique est faite de tous les
instruments qu'un groupe linguistique élabore et met en
pratique pour l'aménagement de la diversité linguistique.
Cependant, tout type de politique linguistique exige de faire
des choix, dont certains mécontenteront parfois une partie
de la population. Le dialogue, la flexibilité et la capacité
d'interaction sont donc fondamentaux.
La politique linguistique est un processus continu
qui doit être basé sur le consensus et l'interaction
entre les parties concernées.
La politique linguistique n'est pas seulement une
affaire d'Etat, mais beaucoup plus que cela: la société
civile dans son ensemble, les organisations civiques et pour la
défense des droits de l'homme, les enseignants, les activistes
et d'autres encore doivent (ou devraient) jouer un rôle
déterminant dans ce processus.
Les processus de politique linguistique tournent
autour de trois éléments essentiels :
· La transmission intergénérationnelle
des langues [la reproduction de la langue]
· L'éducation [la production de la langue]
· La valeur ajoutée économique de la langue
[l'usage de la langue]
Ces trois éléments sont étroitement
liés dans la mesure où ils fournissent l'éventail
nécessaire et fondamental d'outils linguistiques pour encourager
l'apprentissage des langues, leur utilisation sociale et améliorer
le développement économique du groupe linguistique.
Pour accroître le nombre de processus réussis
il est nécessaire d'améliorer la formation de personnel
hautement qualifié sur les questions concernant les politiques
linguistiques.
Finalement, le processus dans son ensemble doit
être évalué avec précision en termes
de coûts afin de prévoir les ressources économiques,
humaines et technologiques nécessaires et aussi d'estimer
son coût social. La politique linguistique doit aussi être
évaluée selon des critères de rapport coût-efficacité
pour rationaliser et optimiser l'usage des ressources allouées.
2. Questions générales,
thèmes de discussion et faits étroitement liés
aux politiques linguistiques
Il y a une prise de conscience croissante de l'importance
des politiques linguistiques et de la diversité linguistique
au sein des grandes organisations internationales.
L'histoire des groupes linguistiques devrait faire
l'objet d'une attention particulière dans la mesure où
elle joue un rôle important dans les interactions entre
groupes de langues, tout spécialement dans les contextes
politiques, économiques et sociaux post-coloniaux.
Il y a le sentiment assez répandu d'une pression
internationale dissimulée sur ceux que l'on appelle les
pays en transition de l'Europe centrale et de l'est. Il en va
de même pour certains pays d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique
centrale et du sud. Cela nous mène à remettre en
cause l'applicabilité de normes uniformes et universelles
concernant les politiques linguistiques, mais aussi au besoin
d'une catégorisation des processus de politiques linguistiques
partout dans le monde pour les rendre plus efficaces.
Par ailleurs il y a aussi un débat sur les
droits linguistiques, dans le sens où des droits impliquent
des devoirs et des obligations.
Finalement, nous devrions développer le modèle
théorique de subsidiarité linguistique développé
par le professeur Bastardas dans son exposé central afin
d'assigner, de réserver et de garantir certains espaces
pour les langues locales dans un contexte de globalisation galopante.
3. Le rôle de l'Institut Linguapax
Plusieurs propositions ont été avancées
concernant la place future de l'Institut Linguapax par rapport
aux organisations ou centres existants qui se consacrent à
la politique linguistique et à la promotion de la diversité
linguistique. En résumé, l'Institut Linguapax devrait:
Encourager la création de réseaux
en faveur de la promotion des langues
Faire usage et partager son expertise avec d'autres institutions
et organisations
Consacrer une part importante de ses activités à
la prévention des conflits
Convaincre les responsables politiques d'investir dans les thèmes
liés aux langues
Pour cela il est nécessaire d'établir
un programme d'action défini à partir des apports
du plus grand nombre possible de partenaires, et pour cela le
Congrès peut être un excellent point de départ.
Remerciements
A tous les orateurs de l'atelier 3 pour la grande qualité
de leurs travaux;
A tous les participants de l'atelier 3 pour leur contribution
à l'élaboration de ces conclusions au moyen de leurs
commentaires, questions et critiques ;
A tous les participants -et j'en connais beaucoup dans cette salle-
qui ont fournit un important effort personnel pour assister à
ce congrès;
Aux interprètes qui ont fait un excellent travail durant
toute cette semaine;
Au personnel d'assistance technique du WTC;
A Marie-Amélie et Josep, principalement parce que sans
eux ce congrès n'aurait pas eu lieu, et à tout le
personnel du Centre UNESCO de la Catalogne et de l'Institut Linguapax
qui ont travaillé dans l'ombre;
Finalement, à Fèlix Martí, qui est le promoteur
tant du congrès que de l'Institut Linguapax, pour le dynamisme
et la volonté ferme qu'il manifeste depuis tant d'années
pour la défense et la promotion de la diversité
linguistique. Je suis convaincu qu'il continuera longtemps encore
sur cette voie.

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